Réflexions Chaotiques




Jeudi 25 septembre 2003

Morosité automnale

Depuis la rentrée scolaire, j’ai droit à un spectacle désolant à chaque fois que je passe devant la polyvalente près de chez nous. C’est que les élèves y sont tous obligés de porter, sûrement à titre d’humiliation, le même chandail gris officiel. Ça a l’air d’une bande de détenus dans la cour de récréation!

Je suis contre les uniformes scolaires. En fait, je suis contre tout code vestimentaire à l’école, sauf ceux concernant les marques et logos de compagnies. Mon problème avec ces codes vient du fait qu’ils sont habituellement mis en place pour régler les problèmes des adultes plutôt que ceux des enfants.

Depuis des lustres, chaque génération d’ados tente de se surpasser pour choquer les adultes. Nous l’avons tous fait, et nos parents avant nous. Je suis convaincu que le discours actuel des parents contre les chandails bédaine ressemble à celui tenu dans les années 60 contre la mode de l’époque. C’est parce qu’à chaque fois, les ados devenus adultes oublient ce que c’était d’être jeune.

Certains prétendent que la tenu sexy des jeunes étudiantes dérange les professeurs masculins et que, pour cette raison, elle devraient s’habiller autrement. Ça me fait penser à ceux qui disent d’une femme agressée sexuellement qu’elle courrait après le trouble à cause de son apparence. C’est ridicule. L’apparence de la victime ne justifie pas la faiblesse de l’agresseur, ni celle du professeur. Voilà un problème d’adultes qu’on tente de régler en punissant les jeunes.

Mais le problème principal des adultes est leur inconfort et surtout leur incompréhension face à la culture adolescente. Parce que cette culture adolescente est sûrement plus forte qu’elle ne l’a jamais été (la pensée MTV étant omniprésente à peu près partout en occident et la messagerie instantanée, le email et toutes les autres nouveaux outils de communication aidant grandement à la répandre). Malheureusement, on dirait qu’une majorité d’adultes ne font pas d’efforts pour comprendre ce qui allume les ados. Ça devient donc un peu menaçant, et tout de suite on ajoute des règlements pour réprimer le mouvement…



Dimanche 21 septembre 2003

Sans bon sens

Le gros bon sens n’existe pas. C’est une dure constatation, mais puisqu’on ne peut s’entendre collectivement sur une définition de ce qu’est le gros bon sens, ce gros bon sens en question n’existe que dans notre imagination individuelle.

Par exemple, les députés qui ont voté contre le mariage gay il y a quelques jours à la chambre des communes l’ont sûrement fait en y allant avec leur gros bon sens (d’un point de vue populiste ou idéologique). Bien évidemment, pour moi le gros bon sens est tout autre, car je crois que chaque individu doit pouvoir bénéficier des même droits fondamentaux. On n’arrive même pas à s’entendre sur une définition du gros bon sens au sein du même pays, alors imaginez comment ça peut être différent d’un continent à un autre.

J’avais commencé à écrire ce texte en voulant déconner avec le concept du gros bon sens (bien qu’il n’existe pas…) mais je me rends maintenant compte que j’ai ouvert la porte à un sujet beaucoup plus sérieux. C’est qu’en fait, ce qu’on appelle le gros bon sens n’est qu’un amalgame de nos croyances, nos valeurs, notre culture, nos connaissances, etc. Il y évidemment beaucoup de différence à chacun de ses égards d’un pays à un autre. Ce qui m’inquiète c’est que je crains que toutes ses différences fondamentales entre peuples nous empêchent d’avoir un jour un gouvernement planétaire. C’est vraiment dommage, car je crois que le règlement de la majorité des problèmes majeurs à l’échelle mondiale ne se produira que lorsque chaque individu se considérera citoyen du monde, plutôt que d’un seul pays.



Samedi 20 septembre 2003

Michael Moore et la fourmi

Je viens de voir le film “Roger and Me” que Michael Moore avait réalisé dans les années 80. Pour ceux qui ne l’ont pas vu, ce documentaire porte sur la ville de Flint au Michigan qui est tombée dans une totale décrépitude suite au départ de son principal employeur, General Motors.

C’est certain que les fermetures d’usine à Flint ont été faites sauvagement, mais avouez que la situation aurait été évitable si les résidants de Flint n’avaient pas mis tous leurs œufs dans le même panier. C’est vraiment courir après le trouble quand la quasi-totalité de l’économie d’une ville dépend d’une seule source de revenus. Au Québec prenez Murdochville, la situation y est la même.

Je ne suis pas de ceux qui croient que les grosses corporations sont nécessairement mauvaises. En fait, elles ne sont généralement ni bonnes ni mauvaises. Une compagnie n’a d’autres objectifs que sa profitabilité et sa pérennité, sans aucun motif ultérieur. C’est un simple mécanisme dont nous sommes tous les bénéficiaires (par la Caisse de Dépôt, les caisses de retraite de nos employeurs, nos fonds communs, etc).

C’est un peu futile de jouer à la victime car c’est comme se plaindre du temps qu’il fait. Prenez l’ouragan Isabel. Était-ce un phénomène météorologique malveillant? Bien sûr que non. Il ne faut pas s’en plaindre, il faut se préparer. Comme ça on minimise les dommages éventuels. Les résidents de la région touchée par l’ouragan savaient qu’ils étaient à risque et avaient certainement pris des mesures préventives qui leur ont permis d’éviter des conséquences qui auraient pu être nettement plus dramatiques.

Tout ça pour dire que je ne comprends pas pourquoi les citoyens d’une ville acceptent de se mettre à la merci d’un seul moteur économique. N’importe quelle catastrophe peut alors les mener à leur perte. Que ce soit à cause d’un incendie, d’un épuisement des ressources naturelles, de l’innovation technologique d’un compétiteur ou bien de la chute d’un secteur boursier, ça signifie notre arrêt de mort si on est trop dépendants d’une seule entreprise. 

Pour ne pas s’exposer inutilement au risque, quand une région commence à prospérer, elle devrait rapidement utiliser sa nouvelle richesse pour diversifier ses activités. Il me semble que c’est évident. Alors pourquoi attend-t-on toujours d’être victimes avant de bouger? Tiens, ça me fait penser à une fable de La Fontaine…



Jeudi 18 septembre 2003

Article 45

Cher ami Caméléon,

J'ai bien aimé votre dernier texte. Même si je crois aussi qu’un 1er ministre doit donner un message d’espoir, je ne suis par contre un peu en désaccord avec certaines de vos opinions.

Je ne crois pas par exemple que la sous-traitance soit nécessairement mauvaise. L’entreprise privée, même si elle a plusieurs défauts, possède la qualité d’être plus efficace dans l’utilisation de ses ressources. Si on peut faire plus avec les mêmes dollars tout le monde y gagne.

C’est certain qu’il y a des dangers, mais un contrat de sous-traitance peut contenir autant de clauses qu’on le désire. On peut imposer à peu près n’importe quelle restriction (niveau de service, conditions d’emploi, etc.) au sous-traitant. Le gouvernement n’a qu’à s’assurer de mesurer les résultats de façon périodique, et l’affaire est ketchup.

D’accord, ma vision est sûrement un peu utopique et je regrette sincèrement que votre emploi soit en jeu. Je ne sais pas ce que vous faites dans la vie et je ne m’avancerai donc pas sur votre cas spécifique. Mais vous savez comme moi que les budgets de l’état sont limités et qu’il y a plusieurs postes dans le réseau de la santé dont les tâches seraient tout aussi bien accomplies par des sous-traitants. Je me demande donc: pourquoi ne pas tenter d’y sauver suffisamment d’argent pour la réinjecter dans la formation et la rémunération des médecins et des infirmières, et ce surtout en région? De cette façon, c’est toute la population qui pourra profiter d’un accès plus rapide à des meilleurs soins…

Sincères salutations,

xact



Jeudi 18 septembre 2003

Mon 15 minutes de gloire!

Wow! Un de mes textes est 1er sur Google dans ses réponses au questionnaire de Proust.

J'aime trop ça. Est-ce que je pourrais juste avoir une 16ème minute?



Jeudi 18 septembre 2003

Landry et Barlet

Ok, j’y suis peut-être allé un peu raide avant-hier. En fait, je ne suis plus certain de rien concernant ce documentaire sur Bernard Landry. Suite à la lecture de La Presse ce matin je me rends compte que mes craintes étaient probablement fondées car, comme Sophie Thibault le faisait remarquer dans sa lettre ouverte, le film ne nous donne probablement pas l’heure juste sur tout ce qui s’est passé entre les journalistes et M. Landry.

 

Tout ça pour dire que je pense y être allé un peu fort quand j’ai laissé entendre que ce sont les journalistes qui décident du résultat des élections. Quoique je sois encore convaincu qu’ils ont beaucoup trop de pouvoir éditorial, ce que j’ai vu du « War Room » du PQ me fait dire que c’est beaucoup à cause de l’équipe Landry que les libéraux sont au pouvoir. Franchement, les discussions de l’équipe Landry ne volaient pas très haut (surtout à la veille du débat). Ça me faisait penser plus à une bande de Cégepiens s’obstinant sur un travail de session qu’une équipe de stratèges dignes de ce nom.

 

Vous trouverez peut-être mes références un peu boiteuses, mais comparons ça à la série « The West Wing » qui, selon moi, est la meilleure œuvre de fiction que nous ayons eu la chance de voir à la télévision depuis des lustres. Ceux qui connaissent un peu cette série savent comment les personnages politiques qui y sont présentés symbolisent la quintessence de l’intelligence, du leadership et du dévouement. D’accord c’est de la fiction et c’est sûrement très romancé, mais j’aime bien penser qu’il existe des gens de cette trempe, et c’est eux que j’aimerais voir nous gouverner. L’ancien premier ministre et son équipe de conseillers ne font malheureusement pas partie de cette catégorie. Même si M. Landry possède un large bagage académique et culturel, le seul fait qu’il ne manque justement pas une occasion pour étaler ce bagage me fait dire qu’à plusieurs niveaux son intelligence et son leadership ont de grandes lacunes. L’intelligence n’est pas seulement intellectuelle, est aussi interpersonnelle. Selon moi, un grand chef d’état se doit de maîtriser tous ces aspects s’il veut mener une population quelque part.

 

Pour ce qui est de son équipe, il me semble qu’ils s’acharnaient sur des détails futiles et faisaient des hypothèse qui étaient souvent à côté de la track. Ça manquait de rigueur, ça manquait d’enthousiasme, et ça manquait surtout de vision. Et ils ne comprenaient clairement pas la game des journalistes, sinon on aurait eu droit à un tout autre documentaire dimanche dernier.

 

Même si je lui ai donné mon vote (à défaut d’une meilleure option), je ne crois pas que Bernard Landry eût été le meilleur 1er ministre que nous ayons pu avoir. On est pas vraiment mieux avec Jean Charest, mais ça ce sera un sujet pour plus tard. En attendant je crois que nous devons réfléchir à ce que ça prendrait pour convaincre ceux qui pourraient vraiment nous mener vers un avenir meilleur à délaisser le monde de la médecine, des affaires ou de l’enseignement pour se lancer en politique et inspirer ainsi un peuple à se dépasser et à devenir un modèle pour le monde entier.


Mardi 16 septembre 2003

Némésis

Une des pires gaffes qu’un scientifique peut faire c’est d’influencer les résultats de sa recherche par sa simple présence. Il doit se détacher au maximum de son sujet, pour ne rien faire qui pourrait affecter son comportement.

Je crois que la même règle devrait s’appliquer aux journalistes. Dans le film « À hauteur d’homme » on voit bien que ce n’est malheureusement pas le cas. Comme plusieurs, j’ai été extrêmement déçu de voir le comportement de Claude Brunet, le Némésis de Bernard Landry, qui tout le long du documentaire tente par tous les moyens de provoquer une déclaration juteuse chez l’ex-Premier Ministre. Accusé par plusieurs de manque d’éthique professionnelle, M. Brunet se défendait hier soir au Téléjournal en disant que les politiciens mentaient souvent et qu’il devait alors aller fouiller au delà la déclaration officielle.

Je suis pleinement d’accord que si le politicien s’évade et ne répond pas à la question il est du devoir du journaliste d’obtenir une réponse juste et exacte (Stéphan Bureau était passé maître dans cet art. Il nous manque déjà…) Le problème est que si ce qu’on a vu dans le documentaire est exact, Claude Brunet ne s’arête malheureusement pas lorsqu’il a obtenu une réponse honnête. Il attend plutôt d’avoir obtenu LA réponse qu’il veut. Qu’est-ce que c’est, si ce n’est pas de la manipulation de l’information???

Ça devient donc évident que se sont en grande partie les journalistes qui, selon leur humeur, décident du gagnant des élections. Ce qui m’inquiète le plus là dedans c’est que je ne sais pas depuis combien de temps ça dure. Quels autres gouvernements avons nous du subir à cause d’eux?

Dans le fond, on a beau bitcher contre les américains, mais le journalisme de Radio-Canada est-il vraiment mieux que celui de Fox News ou est-il seulement fait de façon plus subtile?



Mercredi 10 septembre 2003

Votre pire défaut

Dans le fond, quand on vous demande en entrevue "Quel est votre pire défaut ?", ce qu'on veut vraiment savoir c'est "Quel est le pire défaut que vous êtes prêt à nous avouer ?".

Pensez-vous vraiment que quelqu'un répondrait "Je trompe ma femme avec une pute tous les jeudi" ?

De toute façon, si tout le monde disait la vérité, personne n'aurait de job....



Lundi 8 septembre 2003

Baby you can drive your own car

En passant, saviez-vous qu'il y a maintenant plus d'automobiles que de conducteurs aux États-Unis? On ne doit pas être très loins...

Jumelez ça avec ce que je disais plus tôt et vous verrez que ça crée un méchant bordel...

Source: CNN



Lundi 8 septembre 2003

Le centre d’achat

Il fallait que je m’achète des souliers. Donc, samedi matin je suis allé au centre d’achat pour tenter de trouver chaussure à mon pied. Et comme d’habitude, en arrivant dans le stationnement je sentis la pression monter.

Avez-vous remarqué comment le nouveau concept de centre commercial inversé (le stationnement au milieu, les gigantesques magasins au tour) va à l’encontre de toute logique? Les gens ne marchent plus. Ils prennent leur voiture pour se déplacer de 500 pieds!

OK, je suis certain que plusieurs me trouveront chiâleux (et j’avoue l’être), mais je ne trouve aucune raison, à part un manque flagrant de connaissance en organisation et en urbanisme pour justifier ce concept. Ça cause des embouteillages monstres, ça crée d’avantage de pollution, c’est dangereux pour les rares piétons qui osent s’aventurer, ça fait de nous une population encore moins active, et ça me met en beau calvaire à chaque fois que je suis pris dans le trafic parce que je voulais m’acheter des souliers.

C’est encore pire quand les grosses boîtes (du terme « big box », pour désigner les magasins monstres) poussent autour d’un centre commercial déjà existant. Allez faire un tour aux Promenades St-Bruno par exemple. Il y a congestion à tous les week-ends.

Ce que je ne comprends pas non plus, c’est que les marchands ne font rien et continuent à concevoir leurs magasins de manière à faire chier leurs clients. Ce n’est déjà pas très plaisant pour la majorité d’aller se taper une journée de magasinage, s’il faut en plus subir les embouteillages, ça ne nous dispose pas vraiment à dépenser d’avantage. Tout ce qu’on veut c’est de sacrer son camp au plus vite. Les marchands investissent des fortunes à concevoir de belles vitrines, mais ne se soucient pas de quelle façon et dans quel état les clients arriveront au magasin. S’ils y pensaient 30 secondes, ils comprendraient que si leurs clients sont stressés par la circulation ils achèteront tout simplement moins.

Si jamais la « science » du magasinage vous intéresse, je vous suggère fortement le livre de Paco Underhill intitulé « Why we buy ». Ce livre est fascinant, même pour ceux qui ne sont pas en marketing, car on y décrit avec beaucoup de justesse le comportement de chacun d’entre nous lorsque nous magasinons. Si tous les commerçants lisaient ce livres nous serions mieux servis et ils feraient plus d’argent.

Pour ma part, c’est certain que ma prochaine paire de souliers je l’achèterai au centre-ville et que je prendrai le Métro pour m’y rendre…



Vendredi 5 septembre 2003

Interfaces

Un des newsletters auquel je suis abonné depuis plusieurs années est Good Experience de Mark Hurst. Ce type trippe sur les interfaces. Pas seulement celles des sites web, mais aussi toutes ces autres interfaces qui nous entourent dans le monde « réel ».

Depuis que je lis ses articles, je porte une plus grande attention à nos interactions avec les panneaux de signalisation, les directives sur les dîners congelés, les commandes de radio d’auto et plein d’autres trucs qui nous permettent de fonctionner tous les jours. Par exemple, aviez-vous réalisé que lorsque les vendeurs de soupe Campbell se battent pour obtenir le meilleur emplacement en tablette à votre Provigo du coin, ce qu’ils font en réalité c’est de mettre leur produit plus en évidence dans l’interface qu’est la section des soupes en conserves?

Tout ça peut sembler très théorique et pas très utile pour la majorité des gens, mais ce soir j’ai trouvé un très bon exemple de comment prendre conscience des interfaces qui nous entourent peut nous apporter des expériences positives. J’ai décidé ce soir de changer de club vidéo. Sans trop savoir pour quoi, je fais habituellement ça à peu très toutes les 3-4 semaines. J’alterne entre les 2 gros clubs vidéo près de chez nous, car il m’a toujours semblé qu’ils avaient des sélections de films différents. Pas que les films que je désire ne soient pas disponibles à l’un ou l’autre de ces clubs, mais il m’a toujours semblé que je louais des films de un peu différents dépendamment du club où j’allais. Je viens de réaliser pourquoi. Même si mes 2 clubs vidéo ont à peu près les même films, le fait qu’un titre soit placé à l’entrée du magasin plutôt qu’au fond, sur la tablette du haut plutôt que sur la tablette du bas ou bien à côté d’un autre film sur lequel j’ai déjà une opinion, me fait inconsciemment faire des choix différents.

Je trouve qu’il est vraiment intéressant de faire de petits changements dans les endroits courants que nous fréquentons pour élargir de nos horizons. Parce qu’on y risque de faire des sélections nouvelles, on devrait tous, une fois de temps en temps, changer d’épicerie, de librairie, de kiosque à journaux ou de disquaire. Même si c’est de passez d’un Provigo à un autre Provigo, je vous garantis que si vous finirez par goûter à des choses différentes…



Jeudi 4 septembre 2003

Charognards

Ce matin RDI nous montrait, en direct, l’arrivée à Dorval de Audrey de Montigny, la « Canadian Idol » locale. C’était pathétique de voir la bande de journalistes qui se sont littéralement jetés sur elle. De véritables charognards. J’ai dû réviser l’opinion que j’avais de la jeune chanteuse sur sa capacité à prendre sa place dans le milieu du showbizz car elle semblait très à l’aise au milieu de cette meute quasi surréaliste. A-t-elle été coachée en relations publiques lors de son séjour à Toronto? Néanmoins, si elle passe bien dans les médias, elle pourra aller loin. Parce qu’on sait bien que ce n’est vraiment pas le talent qui importe le plus.

Ce qui a rendu le bulletin de nouvelles particulièrement intéressant fût le reportage qui a suivi. Il s’agissait d’une entrevue avec le chanteur Jacques Michel sur le décès de Gérard Thibault, le promoteur artistique. Jacques Michel expliquait que M. Thibault lui avait donné une chance de se produire dans son cabaret, et que certains soirs il n’y avait presque pas de spectateurs dans la salle. Il semblerait que la business à l’époque était comme ça. Il fallait faire ses classes, souvent devant des salles vides, mais ce n’était pas si grave car les promoteurs étaient là pour appuyer les artistes.

On n’entend plus d’histoire comme celle de Jacques Michel. C’est rendu inconcevable d’aspirer à une carrière dans le domaine du showbizz si on ne réussit pas du premier coup. L’exploration artistique n’étant plus très valorisée, on préfère ceux qui nous servent toujours la même poutine que tous ceux qui sont passés avant eux. Dans ce contexte, Miss de Montigny a tous les atouts pour réussir…



Dimanche 31 août 2003

Jeune con

Qui est le nouveau commentateur politique de droite aux États-Unis? Kyle Williams, un ado de 14 ans! Le kid est un bigot de première (l’homosexualité est un un mode de vie dégoutant, etc.) Et on lui donne une tribune! Il publie des éditoriaux et il a écrit un livre!

Comment quelqu’un de 14 ans peut-il avoir des opinions politiques aussi conservatrices? On peut se demander si ce n’est pas un peu grâce à ses parents qui lui font l’école à la maison. Dans une entrevue à CNN, il a d’ailleurs dit qu’il croyait qu’il devrait y avoir davantage d’enseignement de la chose politique à l’école traditionnelle.

Je crois sincèrement que sur le plan académique plusieurs parents sont aptes à se substituer à l’école. Je m’inquiète par contre à savoir si au Québec le ministère de l’éducation s’assure correctement de vérifier de façon régulière l’état psychologique des enfants qui reçoivent la totalité de leur enseignement à la maison. Le petit Kyle Williams qui se paye un trip de star ne souffre probablement d’un trouble critique, mais il ne faudrait surtout pas que l’école à domicile devienne une façon de camoufler des fabriques à extrémistes, à esclaves ou tout simplement à enfants tristes.

Mais avant de m’alarmer, il faudrait que je m’informe plus. À suivre.



Jeudi 28 août 2003

Journalisme médiocre

L'autre jour je me plaignais de la médiocrité que les technologies avaient engendrée dans certaines disciplines. Une des disciplines à laquelle je n’avais pas pensé est le journalisme.

 

Plusieurs ont proclamé les blogues comme étant le journalisme du futur. Voici un bon article qui en discute et qui explique que ça prend bien plus qu’un outil de blogue pour faire du journalisme. (En passant vous pouvez vous abonner gratuitement à ce magazine et son contenu est vraiment bien.)

 

Pensez-y, n’importe quel épais peux décider du jour au lendemain de répandre ses états d’âme sur le web (j’en suis le parfait exemple). Est-ce que c’est vraiment d’intérêt public? C’est peut-être divertissant, mais ce n’est sûrement pas aussi utile que peut l’être un journal imprimé ou un bulletin télévisé. Les sources de journalisme reconnues nous assurent un certain niveau minimal de qualité (oui, même à Fox news…)  ce qui n’est pas le cas avec les blogues.

 

Quelles mesures pourraient être prises pour permettre aux lecteurs de classifier les blogues en fonction de leur pertinence et surtout de leur véracité? Réfléchissons-y…


Jeudi 28 août 2003

À l'affiche cet après-midi

Je m’ennuis du temps où, durant mon bac, je m’arrangeais pour ne prendre des cours que le matin et le soir afin de pouvoir m’enfermer les après-midi dans les salles de cinéma. On dirait qu’après un certain âge on se force à avoir un horaire strict (travailler le jour, les loisirs le soir et le week-end). Est-ce vraiment nécessaire, voire même utile?

 

Les technologies dont nous disposons pour communiquer et pour travailler en équipe ne nous demandent même plus de travailler sur les mêmes quarts de travail. L’horaire fixe n’est-il donc pas devenu un anachronisme auquel nous tenons seulement par tradition?

 

En plus, il est prouvé que tout le monde ne fonctionne pas sur le même cycle circadien. Ça veut dire que tout le monde n’est pas à son maximum d’éveil en même temps. Donc les employeurs qui forcent tout leur personnel à être au poste à 8h00 précises sont presque assurés de ne pas tirer le plein potentiel de leurs employés. Si je fonctionne à mon maximum de midi à 20h00 est-ce que je ne devrais pas pouvoir travailler selon cet horaire?

 

Je n’ai pas trouvé de lien qui parle précisément du cycle circadien, mais voici un article d’un des pionniers de la recherche sur le sommeil. Ce type est génial, et je vous recommande aussi fortement son livre. J’espère par contre que cette lecture ne fera pas de vous un obsédé du sommeil, comme je le suis devenu…


Mercredi 27 août 2003

Calculs macabres

Plus tôt, j'argumentais contre les excès dans les dépenses gouvernementales. S’il y a par contre un domaine où la vigilance et les investissements gouvernementaux devraient être exemplaires c’est bien celui de la sécurité physique et psychologique de ses employés.

 

Un exemple d’une belle gaffe à ce sujet : la catastrophe de la navette Columbia.

 

Ce n’est pas la première fois que ça arrive. La NASA, une agence gouvernementale (à moins que je ne me trompe???), est accusée de faire preuve de laxisme en termes de sécurité. Tout ça pour sauver de l’argent.

 

Combien y a-t-il eu de morts à la NASA depuis sa création? Il ne faut pas seulement compter les cas publicisés, mais aussi ceux qui se sont produits lors de tests au sol. De toutes façon, ce sont tous des morts de trop. Vraiment?

 

Aucun gouvernement ne devrait avoir à mettre ses employés en danger pour sauver quelque somme monétaire que ce soit. Surtout lorsque d’autres options sont possibles. Dans ce cas-ci la NASA aurait facilement pu retarder son développement de 5 ou 10 ans. Qu’est-ce que ça aurait changé?

 

La seule exception à cette règle est bien évidemment dans les cas ou la sécurité de la population est en danger (catastrophes, guerres, … ) Il est du devoir de l’État de fournir l’assistance de travailleurs spécialisés qui, de par leur dévouement et leur expertise, sont aptes à prendre plus de risques.

 

Dans cette ligne de pensée, faudrait-il faire le décompte du nombre de vies sauvées par la NASA (avec ses innovations médicales par exemple) pour voir si le bilan est positif? Dans ce cas, il aurait vraiment été justifié de relâcher la sécurité pour améliorer plus rapidement le sort de la population.

 

Ouf… De toute façon, la meilleure solution dans ce cas serait pour le gouvernement d’investir d’avantage. Comme ça, tout le monde y gagnerait.



Mardi 26 août 2003

Nos amis du sud

Je viens de commencer un nouveau blogue destiné aux États-Uniens. Il y a tellement de choses que je ne comprends pas d'eux. J'essaierai de leur montrer ce qu'on perçoit de l'empire vu de l'extérieur.

Ça fait même pas une semaine que j'ai commencé à blogguer et j'en suis déjà rendu à maintenir 2 blogs. Je ne sais pas combien de temps ça durera...



Mardi 26 août 2003

Protectionnisme pascal

Après-midi j’ai vu une belle ambulance de Pâques. Une belle ambulance jaune avec des tâches de peinture mauve. Les tâches, qui ont été faites par des ambulanciers syndiqués, étaient probablement là plus pour protester que pour décorer, mais enfin, c’était joli pareil.

 

J’étais avec un ami et on s’est mis à discuter des négociations de conventions collectives, des grèves et de tout le tralala. Quand je lui ai expliqué ce que j’avais entendu plus tôt aux nouvelles sur l’horaire des ambulanciers, il ne semblait pas trouver que ces conditions de travail étaient si mauvaises que ça. Il m’a d’ailleurs fait un commentaire très pertinent : « Si ça ne fait par leur affaire, qu’ils se trouvent une autre job! ».

 

Exactement! C’est en plein ce que je pense depuis un bon bout de temps!

 

Habituellement, le plus grand pouvoir qu’on peut avoir dans une négociation c’est son indépendance. C’est vrai dans tous les domaines. Par exemple, un client peut exiger de se faire servir avec plus d’attention s’il possède l’indépendance de pouvoir acheter le même produit au même prix dans chez un autre marchand. Dans le domaine du travail, l’indépendance c’est quand on sait que l’employeur a besoin de nous et qu’on est même prêt à remettre sa démission si l’on obtient pas ce qu’on veut. C’est à ce moment qu’on obtient le plus de nos négociations.

 

Le problème c’est que les syndicats peuvent parfois déstabiliser l’équilibre normal du pouvoir. À chaque fois qu’il y a des négociations collectives qui sont du domaine public on dirait que les syndicats font un power trip et ont des exigences tellement grandes qu’elles seraient absurdes dans le privé. Ils savent qu’il n’y aura pas de conséquences graves à leurs actions et le gouvernement ne pourra pas grand chose contre eux. Les politiciens sont bien trop préoccupés à rester dans les bonnes grâces du public pour risquer leurs prochaines élections avec une grève trop longue ou avec n’importe quelle autre situation qui les ferait mal paraître. Parce ce dans ce cas, ils sont les employeurs et qu’on sait bien que dans les médias, les employeurs ont toujours tort et les employés sont toujours les victimes.

 

Ça devient une forme de protectionnisme, comme quand les Etats-Unis tiennent le Canada par les couilles avec le bois d’œuvre. Les bûcherons canadiens dépendent tellement du marché américain qu’ils n’ont plus de pouvoir de négociation. Résultat, en pliant au protectionnisme exercé par les syndicats, nous payons collectivement une taxe additionnelle sur les services que nous utilisons.

 

Le protectionnisme au niveau international est rendu illégal par l’OMC. C’est étrange qu’on puisse si facilement l’accepter aveuglément plus près de chez nous. Je ne suis certainement pas pour la privatisation de tout l’appareil public (quoi que ce serait peut-être bon dans certains domaines), et je ne suis pas non plus pour l’abolition des syndicats. J’enrage juste un peu quand mon argent est pris en otage entre un syndicat et des politiciens.


Mardi 26 août 2003

C'est à cause d'eux qu'on est inondés de spam.

Tant qu'il y aura des gens assez stupides pour croire aux améliorations génitales miraculeuses, il y aura du spam.

Vous vous demandiez qui achetaient ces trucs? : http://www.wired.com/news/business/0,1367,59907,00.html

 



Lundi 25 août 2003

Est-ce que ce serait les extra-terrestres?

Trou Noir dans l'Ohio


Articles 1 à 20 sur 27

Pages: 1 | 2 |